
Sans doute la dernière aventure intérieure d'un inconnu voyageur.
A l’heure où j’écris ces lignes, je viens de célébrer mes soixante ans passés sur cette foutue planète. Un jour pourtant pareil aux autres, un jour de plus, un jour de trop.
J’ai le projet de tout quitter, de tout abandonner. Celui simplement de partir, de prendre la route, sans attente et sans but. Un vélo, un sac à dos, deux pieds dans mes souliers et une pensée en bandoulière, empruntée à Shakspeare et Nicolas Bouvier :
I must be gone and live, or stay and die.






j'affirme sans précaution aucune souhaiter que tout s’arrête ici, maintenant. J’assume de dire que je n’ai plus envie, plus envie d’avoir envie. Je pense avoir fait ma part, avoir cherché à devenir la moins mauvaise version de moi-même. J’ai ri, j’ai pleuré, j'ai reçu, j’ai donné.
J’ai regardé ce monde avec curiosité, osé m’aventurer hors des sentiers battus. J’ai marché, couru et je me suis perdu avant, finalement, de me reposer là, contemplant le soleil sur les dunes, le mouvement de la lune, notre mère nature, seule âme vivante à ne m’avoir jamais déçue.
ENDING STORY
J’ai gagné, j’ai perdu, j’ai aimé, j’ai vécu. Que donc souhaiter de plus...
Maybe Tomorrow
Vous croyez au destin vous ?
Toutes ces coïncidences qu'on sème sur votre route, ce regard que l'on croise un jour et qu'on n'oubliera plus, ces choix que l'on fait sans s'expliquer pourquoi !
Vous croyez à tout ça ?
Vous croyez à l'amour vous ?
Au souvenir fugace qui emplit de chaleur et de joie,
au manque que les larmes inondent et noient,
à cet endroit où rien jamais ne pourra vous atteindre !
Vous avez traversés ça ?
La douceur d'un sourire,
un doigt tendu, tremblant sur sa bouche.
Le temps qui jamais ne s'arrête,
les nuages qui défilent à tue-tête.
Ce besoin, cette envie, toujours, encore inassouvie.
Et l'instant d'après, figé comme pour l'éternité.
La peur de tout perdre, de te perdre,
un matin que tout s'arrête.
La douleur d'un seul soupir,
un silence qui glace tout ce qu'il touche.
Vous croyez à l'amour vous ?
Au cœur qui s'emballe,
au sang qui court dans vos veines,
aux larmes, aux peines, aux cris de joie,
au monde qui pour un instant semble
à jamais vous appartenir.
Vous avez partagés ça ?
Vous croyez au destin vous ?
Ces petits cailloux blancs qu'on ramasse sur sa route, serrés entre nos doigts comme le plus pur argent, certain de détenir la preuve que notre avenir existe !
Vous croyez à tout ça ?
Savoir que l'on ne peut faire de promesses que l'on n'est pas certain de pouvoir tenir, savoir, avant que ses yeux ne se fondent dans les miens, que je la ferai souffrir, que je verrai un jour ses yeux pleurer par ma faute.
Savoir qu'alors qu'on se comprenait sans même se parler, je ne parviendrai plus à saisir le sens de ses mots et elle le sens des miens. savoir que sa main que je serrais si fort refusera mon étreinte, savoir que je la décevrai alors que l'idée même m'en est insupportable. Savoir que je pourrai faire naître en elle la colère, moi qui n'ai souhaité que de paix. Savoir sa tristesse, sa peine, sa déception avant même que mes lèvres n'aient effleuré les siennes. Imaginer son regard chargé d'incompréhension, la porte de cette chambre qui se referme. Imaginer le silence là où l'on avait rêvé la vie.
Parce que je suis faible, lâche, parce qu'il m'arrive d'avoir peur, parce que je n'ai pas toujours les mots ou l'attention qu'il faut, parce que je suis simplement un homme comme les autres, je savais avant même de la connaître que tout cela serait un jour !
Aux jours heureux...
Comme deux feuilles poussées par le vent,
Comme la mer caressant la côte,
Comme le temps venant à ta rencontre,
Comme l'enfant.
Je crois aux jours heureux.
Hello Dolly
On dit que l'essentiel dans la vie sont les êtres que l'on rencontre sur son chemin. Rien n'est plus vrai. Cependant, il faut selon moi être au moins quatre pour parler de rencontre.
Vous, moi, le moment et l'endroit.
A ces conjonctions déjà fort improbables, dans un monde qui, comme le disait Raymond, continue de courir sans raison, s’ajoute toute la fragilité, toute la complexité des relations humaines. Les rencontres sont en partie le fruit d'un désir passager, d'une disponibilité vagabonde et d'une curiosité volage par nature.
Alors, si vous croisez mon chemin, surtout ne vous forcez à rien.
Mais si vous avez un peu de temps, un brin de curiosité, un zeste d'esprit, une pincée d’humour ou que l'envie soudain vous prend, vous appelle, n’hésitez pas alors à m’adresser simplement le bonjour.
Je vous le rendrais, possiblement...






I’m drinking again d’Aretha Franklin sur la platine – un verre de rouge – Grande Cuvée de l’Hortus – sobrement attablé à mes côtés, je jette un coup d’œil distrait sur ma journée qui s’en offusquerait presque.
Tout avait très mal commencé.
Le soleil s’était levé, bien trop vite après que je me sois endormi, activant par ricochet l’instinct « croquette du matin » d’un chachou, qui, comme à son accoutumée, s’empressa de me réveiller. L’avantage de faire de l’ordre avant de se coucher, c’est de pouvoir se lever pour donner son chat à croquer, sans se prendre les pieds dans un cendrier ou une tasse a thé.
Sept heures moins le quart ! Chachou, tu fais ch…
Six heures quarante-sept, recouché. Trois quarts d’heure encore pour profiter intensément de la tiédeur de notre lit, de la chaleur de sa peau que j’embrasse et caresse sans même ouvrir les yeux. Hummm, finit-elle par avouer.
Tout avait pourtant très mal commencé !
Drinking Again.





Peut-être qu'avec plus de travail, plus de persévérance, un peu de chance aussi, j'aurai pu faire autre chose, autrement. J'écris cela sans regret mais avec tout de même un sentiment d'inaccompli qui me poursuit.
J'ai cru ardemment à chacun des projets que j'ai imaginés et auxquels j'ai participé. Je sais n'avoir jamais compté ni mon temps, ni mon énergie, négligeant au passage certaines personnes autour de moi.
Tous ces projets ont éclos, tous ont muris mais peu sont arrivés finalement à maturité. Six mois, un an, trois ans, cinq ans même parfois avant qu'un aléa ou que mon envie d'autre chose ne me pousse à recommencer ailleurs, autrement.
Finalement, c'est peut-être moi qui ne suis pas arrivé à maturité.
Cela me rappelle une histoire qu'on m'avait raconté, celle des bretons que l'on hésitait souvent à engager loin de chez eux, sachant que l'appel de la Bretagne pouvait à tout moment les décider à y retourner. Mon appel à moi s'appelait "nouveauté" jusqu'à ce que je m'intéresse à l'humain et à son fonctionnement, un domaine pour longtemps encore d'infinis questionnements.
Tour du monde, festival alternatif, ateliers créatifs, naissance d'un espace interculturel, soirées de première, tous ces moments que l'on pensait importants se perdront eux aussi dans l’oubli, comme les larmes dans la pluie.

LOST ALMOST
Dernier chapitre d'un livre qui ne verra sans doute jamais le jour, derniers soupirs avant que le silence ne recouvre le tumulte de l'existence, derniers liens avec le destin, qui choisira pour moi un endroit, une heure, celle d'une fin, d'un recommencement ou de rien.
Seul l'inconnu qui se dresse devant moi se peut de contenir encore quelque espoir pour demain, mais je pars pourtant s'en en attendre rien. Je pars simplement, sans tristesse, sans joie. Je pars sans attente et sans but, sans colère non plus. Je laisse simplement derrière moi tout ce que j'ai trop vu, trop entendu ou pas assez peut-être.
Les rires, les larmes, la douleur et la joie, chacun de nous a connu ça et je souhaite à tous les enfants de la terre d'en vivre pleinement, follement, intensément leur part. Mais si je ris encore et que je pleure encore, je sens au fond de moi que quelque chose n'est plus là, comme si les secondes continuaient inlassablement de s'égrener sous le cadran d'une horloge ayant cesser de fonctionner. L'impression que les choses glissent désormais sur moi et que je pourrais m'arrêter-là.






E LA NAVE VA
Si après tout ça, vous avez encore envie de savoir dans quel état j'ère et où je pense aller me perdre, il va bien me rester une page blanche où partager cela.


